Présentation

Mémoire et histoire de l’esclavage dans le monde atlantique : approches comparatives.

17-18 octobre 2016

Amphithéâtre F417 à la Maison de la Recherche, Université Toulouse Jean-Jaurès.

Ce colloque international constitue l’aboutissement du programme de recherche de l’accord franco-brésilien CAPES-COFECUB et du séminaire du Labex SMS Mémoires de l’ESClavage aux AMériques (MESCLAM)

Pendant quatre ans (2012-2016), ces programmes ont permis à des historien-ne-s, philosophes, civilisationnistes, sociologues, anthropologues, politologues français et brésiliens de réaliser des enseignements et des recherches de terrain menés dans plusieurs pays et régions ayant vécu l’entreprise esclavagiste et de construire des dialogues avec d’autres chercheurs et militants. L’objectif était de comparer les modalités selon lesquelles les différents acteurs mémoriels portent l’esclavage dans l’histoire, l’éducation et le récit national, dans les combats identitaires et politiques, dans les représentations culturelles publiques et dans les lieux de mémoire, au Brésil, aux États-Unis, à Cuba, en France, et aux Antilles françaises. La dimension pluridisciplinaire et comparative est donc majeure.

Le colloque ainsi proposé présentera les contributions de chercheurs internationaux autour des débats actuels sur la mémoire et l’histoire de l’esclavage atlantique. Il s’agira d’interroger les différentes formes que prennent ces mémoires, dans les pratiques culturelles et religieuses populaires, dans les mobilisations associatives et politiques, ou dans les programmations institutionnelles qui relèvent des services publics de l’État ou d’organisations internationales. Nous tenterons de comprendre les stratégie identitaires qu’elles révèlent, les débats politiques et juridiques qui les traversent et les mobilisations internationales auxquelles elles contribuent. Dans la sphère atlantique, des mouvements de revendications plurielles – reconnaissance, réhabilitation, ré-africanisation, patrimonialisation, réparation, réconciliation – ont essaimé au vingtième siècle, en se déclinant différemment selon les systèmes politiques des pays concernés et des héritages coloniaux afférents. La « démocratie raciale » brésilienne, l’assimilation française, la ségrégation états-unienne, le différentialisme britannique, le communisme cubain notamment ont produit des cadres structurels, sociaux, politiques et identitaires de la mémoire de l’esclavage qui montèrent des divergences singulières riches au sein de cette région atlantique hétérogène. Partout, la mémoire officielle longtemps sélective ou silencieuse sur le crime de l’esclavage a subi les fourches d’une mémoire contestataire plus radicale, encore active, qui a transformé les productions culturelles, sociales et politiques. Cette dernière remplit, au nom des victimes, une fonction tribunitienne qui met l’accent sur la résistance des esclaves, l’héroïsation de leurs luttes et la nécessaire réparation due à leurs descendants. Pourtant , elle peine encore à trouver sa place, sortir de « l’ère du soupçon » et à accéder à de pleines et entières légitimités et représentations nationales.

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