Panel 4

Devenir descendant d’esclaves

Enjeux mémoriels et identitaires chez les groupes d’origine servile de la société haalpulaar dans le contexte actuel des réformes de démocratisation en Mauritanie.

Alors que la dernière abolition officielle de l’esclavage en Mauritanie ne remonte qu’à 1981, l’objectif de cette communication est d’analyser les processus de construction d’identification collective des descendants d’esclaves de la société haalpulaar dans le cadre des enjeux de leur participation politique. La question des héritages de l’esclavage en Mauritanie permettra de traiter le cas d’une mémoire vive entretenue par l’expérience quotidienne de discriminations et ravivée par des enjeux sociaux et politiques contemporains. On s’intéressera ainsi à la mémoire comme acte politique afin d’étudier les usages et revendications mémorielles à des fins identitaires. Dans cette perspective, on s’attardera notamment sur les enjeux autour de la remise à l’ordre du jour du titre de chef des esclaves (jagodin) dans la ville de Kaédi – titre qui n’a plus été officiellement porté depuis la période coloniale – afin d’interroger les usages d’un passé non consensuel lié à l’esclavage et mieux saisir les recompositions sociales et politiques en cours.

Olivier Leservoisier

Professeur en anthropologie, Université Paris V

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La famille Cazumbá : une famille de nom africain dans le Recôncavo de Bahia, des dernières années de l’esclavage au lendemain de l’abolition.

La présente communication porte sur la  dynastie familiale Cazumbá, d’origine bantou, implantée dans la région du Recôncavo de Bahia et, plus particulièrement, dans la ville de São Gonçalo dos Campos. A travers les archives publiques et privées, mais aussi les entretiens, nous avons tenté de suivre les différentes branches de cette famille de nom africain, ce qui est tout à fait exceptionnel, comme l’est aussi l’honorabilité dont ont bénéficié certains de ses membres, propriétaire fonciers, au moins jusqu’aux années 1950.

José Bento Rosa da Silva

Professeur en histoire, Université Fédérale du Pernambouc, Recife (UFPE)

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Trois moments dans la mémoire de l’esclavage.

La communication se consacrera à trois moments actuels au cours desquels la mémoire de l’esclavage est bien présente. Les deux premiers ont pour cadre la Guinée Bissau et la Mauritanie, en Afrique. Dans le cas de la Guinée Bissau,  le trafic négrier est évoqué à partir de la sphère du pouvoir alors qu’en Mauritanie il l’est par les descendants d’esclaves qui occupent une place à part dans la société de leur pays.  La troisième mémoire est celle de descendants de marrons de l’Amazonie brésilienne, près du Surinam et qui recréent sans cesse,  à partir de leur mémoire transmise oralement, l’épisode de la fugue des plantations jusqu’à l’arrivée dans leurs mocambos actuels.

Jose Luis Ruiz Peinado

Anthropologue, Universitat de Barcelona